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« Traces Migratoires » : genèse d’une exposition qui met l’art au service de l’humain

Pianiste, illustratrice, photographe et écrivaine. Issus de disciplines différentes, quatre artistes ont participé à la création d’une exposition, de concert avec un organisme de solidarité internationale, afin de donner à voir un autre visage de la migration. « Traces migratoires » a ainsi été inauguré début octobre à Bruxelles, en Belgique. Retour sur la genèse de cette création collective, avec l’une de ses instigatrices Elisa De Angelis.

Un article de Justine Segui. Image à la Une : Illustration de l’Affiche de l’exposition Traces migratoires, par l’artiste exposante, Anna Bourcier.


« Quand on a commencé ce projet, il n’y avait qu’une feuille blanche. Et puis, réunions après réunions, une dizaine d’inconnus s’est constitué en un groupe de travail, un collectif de bénévoles, ce qui a permis de créer l’exposition ». Elisa De Angelis est artiste et écrivaine, elle fait partie des instigateurs du projet « Traces Migratoires », une exposition multidisciplinaire autour des migrations à Bruxelles, en Belgique. Migration s’entendant bien « au sens large du terme, on parle autant des expatriés que des réfugiés », précise-t-elle.

C’est en décembre 2020 que l’idée émerge via une annonce postée par Asmae, un organisme de solidarité Internationale. Sa mission ? Accompagner les jeunes sur les questions de citoyenneté. L’association fait ainsi appel à des bénévoles pour réaliser une exposition autour du sujet de la migration. « Nous sommes quatre artistes à réagir à l’annonce et le projet peut alors commencer », commente Elisa De Angelis.

C’est en compagnie du pianiste Salvatore Sclafani, de l’illustratrice Anna Bourcier et de la photographe Romane Iskaria, qu’Elisa De Angelis a inauguré « Traces migratoires » le 1er octobre dernier.

Une volonté de mieux comprendre les différents parcours de migration

Le but de ce collectif hétéroclite ? Mieux appréhender les histoires humaines derrière les migrations. « On entend régulièrement parler des migrants dans les médias et dans la bouche des politiques. Mais, nous voulions savoir qui étaient ces personnes, nous voulions connaître leurs histoires », explique l’auteure.

Durant plusieurs mois, le groupe se questionne sur la meilleure manière d’envisager le sujet. « L’étincelle dans la démarche artistique a été les rencontres qu’on a pu faire avec des personnes migrantes », souligne-t-elle.

L’occasion de rappeler que les migrations sont plurielles.« Rien que dans le voyage : certains sont attendus et arrivent légalement. D’autres passent par la Sicile, après avoir pris des bateaux de fortunes au péril de leur vie », évoque Elisa De Angelis.

Et d’insister : « Parmi les quatre artistes, nous sommes deux Italiens et deux Françaises, nous sommes tous migrants. Pour nous, migrer, c’est simplement bouger d’un point pour aller vers un autre, avec une motivation ».

« Le plus important ? Présenter un contenu authentique »

Si l’idée d’allier les disciplines artistiques était à la genèse du projet, c’est bien la rencontre avec des personnes exilées qui a permis au collectif de réfléchir aux sujets dont il voulait traiter.

« Le plus important pour nous était de présenter un contenu authentique », explique Elisa De Angelis.

« Traces migratoires » présente ainsi une kyrielle de récits, accompagnés de musiques d’artistes inspirés par leur exil et d’illustrations de voyages.

Un format qui semble plaire aux visiteurs. Pour l’inauguration, les réservations ont atteint la jauge de cinquante personnes fixée par les organisateurs.

L’exposition est installée jusqu’au 10 octobre dans une chapelle désacralisée, rue Chaumontel à Bruxelles. Elle devrait ensuite être remontée courant novembre dans un nouveau lieu, le Tri Postal à côté de la gare du Midi. « Dans le cadre de notre exposition, ce lieu prend tout son sens », conclut ainsi Elisa De Angelis.