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    [Cinéma] « Les promesses d’Hasan » : une fable poétique sur l’homme et la nature

    Plongée dans la mauvaise conscience d’un vieux paysan turc, dans un film allégorique au réalisme inquiet de l’avenir de l’Homme et de (sa) nature.

    Les promesses d'Hasan, ou plongée dans la mauvaise conscience d’un vieux paysan turc, avant le pèlerinage à la Mecque.

    Après « La Trilogie de Yussuf » (composée d’ « Oeuf », de « Lait » et de « Miel »), Semih Kaplanoglou revient avec une nouvelle trilogie dont « Les promesses d’Hasan » constitue le deuxième volet. Cette trilogie « Commitment » s’articule autour du concept de lien et d’attachement (Commitment, traduction anglaise du terme turc qui comprend le mieux cette notion de lien selon l’auteur).

    Kaplanoglou met ici en scène un vieux paysan turc tiraillé entre les remords et les promesses (non tenues), qui mènent ses affaires entre manigances et compromissions. Nous suivons sa conscience qui le taraude à l’heure où il se voit offrir un pèlerinage à la Mecque.

    Le cinéaste explore les conséquences, souvent désastreuses, des actions et discussions des hommes sur eux-mêmes et la nature ; désastre dont ils ne veulent ou ne peuvent pas prendre conscience.

    Un film où tout est métaphore…

    On regarde Hasan s’enfoncer (et nous avec), en toute conscience de ce qu’il fait, pour finir seul, le corps rongé par ses regrets et ses remords, jusqu’à n’apparaître (dans le dernier très beau plan du film) que comme une silhouette spectrale au fond d’un champ. Point de non-retour pour un personnage en quête de salut, qu’il ne trouvera pas tant qu’il restera déraciné, arraché à sa terre et à la Nature.

    Arbre qui flotte au dessus d’Hasan endormi, pommes pourries, il ne reste donc rien de l’homme déconnecté de la nature, dépassé par sa propre existence. L’homme spectral, sourd et aveugle au vivant, entre et erre dans ses limbes. Aucun homme ne peut trouver la paix semble nous dire Kaplanoglou, qu’importe sa religion, s’il ne sait pas voir Dieu dans la nature et comprendre que cette nature se trouve en lui.

    La très riche bande sonore lui confère puissance narrative et accentue la dimension matérielle et émotive. Un film où tout est métaphore, parfois un peu trop appuyée, mais sauvé par la beauté, la magie et l’élégance de chaque plan.

    … pour illustrer la désertion de l’Homme avec la nature

    Kaplanoglou, que nous avons rencontré au Festival de Cannes (“Les promesses d’Hasan” était présenté dans la catégorie “Un certain regard”), semble affecté par cette désertion de l’Homme avec la nature. A travers ce film, il veut nous montrer les contradictions entre les pensées, croyances des personnages et leurs manières d’agir, de décider.

    Explorateur des conflits qui traversent chaque être humain, il sonde cet interstice où se tissent les paradoxes qui hantent et tiraillaient la conscience. L’homme reste ainsi aveugle des conséquences de ses actions sur les autres et sur la nature.

    La nature, véritable personnage dans le film, dont le travail sonore permet d’en restituer toutes les nuances du langage, ne peut rendre à l’homme ce qu’il a perdu en lui nous explique-t-il (même à coup d’engrais et de pesticides…).

    Ce qu’il ne sait pas voir en lui la nature ne lui offrira pas. Elle est notre miroir et Narcisse est tombé dans la boue.

    Sorti le 3 août, « Les promesses d’Hasan », est toujours en salles. Crédit photo à la Une : capture d’écran YT

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