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    Petit guide de survie pour les fêtes de fin d’année

    Ah, les fêtes de fin d'année. Les joies des retrouvailles, la bûche, mais aussi les débats politiques houleux qui s'invitent parfois à table. Et, avec eux un florilège de fantasmes et d'informations erronées. Voici un petit guide non-exhaustif pour couper court aux fausses informations sur la migration.

    Proposé par Sofia Belkacem et Justine Segui. Illustration : Al’Mata.

    « L’immigration doit être réformée via un référendum »

    Une idée particulièrement médiatisée en 2021. De concert, Marine Le Pen (Rassemblement national), Xavier Bertrand (Divers droite) ou encore Éric Ciotti (Les Républicains) ont exhorté à sa tenue à l’occasion du prochain quinquennat. Suppression du droit du sol, durcissement des critères de naturalisation, fin du regroupement familial, externalisation des demandes d’asile ou encore suppression de tout obstacle à l’expulsion des délinquants étrangers : nombre de propositions ont été portées.

    Or, « la plupart des propositions ne peuvent pas être soumises à référendum, car elles sont contraires à la Constitution », rappelle Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes. Ainsi, le droit d’asile ou le regroupement familial sont exclus d’office, car protégés par ce texte.

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    « Les migrants prennent les ressources des français sans abri ou au chômage »

    Récurrente dans le débat public, cette assertion développe l’idée d’une concurrence entre populations défavorisés. Pour considérer que les aides financières de l’Etat viendraient avantager les personnes étrangères plutôt que les ressortissants nationaux.

    Or, par exemple les français vivant seuls qui bénéficient du RSA (le revenu de solidarité active est une allocation de l’Etat pour les personnes sans ressources ndlr) reçoivent en moyenne 564,78€ par mois. Les demandeurs d’asile, qui remplissent les conditions nécessaires, ont droit en moyenne à 204€ en moyenne par mois.*

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    « La France doit réduire l’immigration de travail »

    « Aujourd’hui, on parle des chiffres liés à l’immigration comme si on parlait du taux de chômage et qu’il fallait absolument qu’il y ait le moins d’entrées possibles », pointe Hilel Rapoport, économiste à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

    Or, « l’immigration de travail n’a pratiquement que des effets positifs à long terme », ajoute le spécialiste.

    Depuis les années 1980, l’Hexagone a considérablement réduit le nombre de visas accordés à des travailleurs étrangers. Et, avec la crise sanitaire, les entreprises peinent à recruter. Sont notamment concernés les secteurs d’activité du BTP et de la restauration.

    D’aveu des économistes, ce repli est donc synonyme de pertes en termes de croissances et de rayonnement pour la France.

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    « Il faut faire appel à une politique de l’épuisement pour réduire l’appel d’air »

    En 2021, nombre d’associations ont dénoncé le harcèlement à l’encontre des personnes exilées, s’appuyant sur la situation à Calais.

    Ces acteurs de terrain ont fustigé ces pratiques, qui se révèlent d’après eux, contre-productives. Et de marteler que cette «politique de l’épuisement» n’impacte en rien la volonté des personnes de demander l’asile ou de chercher à gagner l’Angleterre.

    De la même manière, les ONG arguent que le durcissement des politiques mises en place dans les pays d’accueil ne dissuadent pas les candidats au départ. La théorie de l’« appel d’air » serait ainsi, pour elles, obsolète. Preuve en est avancent-elles: les personnes exilées continuent à risquer leur vie pour venir demander l’asile dans l’un des 27.

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    « L’Union Européenne fait face à une crise migratoire sans précédent »

    Là encore, le sujet est omniprésent dans l’espace public, donnant volontiers l’impression d’une « invasion », quand des responsables politiques ne l’affirment pas directement.

    Or, ces flux ne sont ni massifs ni inédits. Ils sont à recontextualiser. Dans les années 1960 par exemple, l’immigration de travail était valorisée. Plus tard, en 1979, en plein choc pétrolier, la France a accueilli 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens (communément désignés comme « boat people »).

    En réalité, depuis plusieurs décennies, le pourcentage de migrants internationaux – 3,3 % de la population mondiale en 2015, contre 2,9 % en 1990 – est stable.

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