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Collectif solidaire : une mobilisation citoyenne pour nourrir les soignants

Depuis fin mars, une équipe dynamique s’est constituée en collectif engagé pour nourrir les soignants d’Ile-de-France. Une dizaine de trentenaires, d’entrepreneurs et de chefs cuisiniers se sont mobilisés pour proposer une distribution de repas à grande échelle aux différents services des 22 hôpitaux de l’AP-HP. Soit 75.000 repas cuisinés par 167 chefs et distribués par une centaine de bénévoles mobilisés au quotidien. Une opération solidaire qui se poursuit avec le déconfinement et qui livre désormais aussi des étudiants en situation de précarité.

Photos et texte : Abdallah al-Hassan et Laure Playoust.


Mis en place en seulement dix jours, le collectif solidaire met en lien soignants, chefs cuisiniers et citoyens souhaitant s’investir durant l’épidémie de covid-19. Parmi ses fondateurs, les porteurs du projet Josette anti-gaspi, qui connaissent déjà parfaitement les circuits des invendus, les fournisseurs et les solutions existantes.

C’est bien la force de leur réseau qui a permis la rapide mise en place d’un système, déjà éprouvé. Sans compter leur talent en com’.

Nombreux étaient les français qui avaient la volonté d’aider pendant le confinement, pour finalement faire face à des structures complexes, où tout prenait du temps. C’est le cas de Julie : «J’ai essayé de m’engager comme bénévole auprès de l’AP-HP directement, auprès de la Croix rouge également. Souvent, ils n’ont pas le temps de nous répondre. Il n’y a pas vraiment de circuit mis en place pour favoriser l’intégration de nouveaux bénévoles en temps de crise».

Ici, la prise de contact avec le collectif solidaire se fait simplement : par mail ou message privé via les réseaux sociaux. Et deux heures plus tard, vous vous retrouvez en train de faire une livraison d’un restaurant à un hôpital.

Créativité et débrouille

Le collectif solidaire est financé par des dons de particuliers qui sont récoltés sur une cagnotte en ligne. Avec ce budget, l’équipe s’occupe de négocier les invendus auprès du marché de Rungis. Certaines marques ont également fait le choix de faire des dons de produits : crème fraîche, beurre ou encore chocolats de Pâques. Résultat : un repas revient à environ deux euros.

Tous les produits sont stockés à la Caverne, une ferme urbaine située au nord de Paris. Chaque matin, les bénévoles se retrouvent à 7 h pour piocher dans les stocks de quoi préparer des repas équilibrés : féculents, légumes, protéines et assaisonnements sont répartis. La nourriture est ensuite répartie dans des camions frigorifiques, qui font la tournée des restaurants.

Un vrai challenge pour les chefs qui doivent improviser avec ce qu’ils trouvent. « Si on est dans les derniers, le choix est limité et il faut faire preuve de pas mal de créativité », explique Alessandro Candido, chef du Candide Belleville. « Aujourd’hui on a des pommes de terre, du fenouil, des asperges, des échalottes et de la viande hachée ». Ils décident donc de faire une salade froide de légumes avec des boulettes de boeuf sauce satée. Le challenge est également dans le timing : quand on est livré tard et qu’il faut préparer 100 repas en cinq heures, le rythme est soutenu.

La solidarité en question

En fin de journée, les livreurs prennent le relais en voiture ou en vélo. L’organisation se fait via un groupe whatsapp qui précise les besoins : tel restaurant, tel hôpital. Et chacun choisit sa course. Les livreurs viennent récupérer les repas à partir de 17 h pour que tous les services puissent profiter de leur repas du soir tôt.

Et les soignants semblent avoir apprécié l’initiative. « C’est grâce à des gestes comme les vôtres que nous tenons le coup à l’hôpital. Bien souvent, nos collations ne sont pas assez consistantes », témoignait ainsi l’une d’entre elles au collectif.

Olivia Schorestene, co-fondatrice de Le Mazette (une péniche bar restaurant), investie auprès du collectif depuis le début, s’interroge sur son engagement. Ne faudrait-il pas également cuisiner pour les personnes sans-abris, les réfugiés, les étudiants étrangers qui sont parfois plus vulnérables que les soignants ?

Les fondateurs du collectif disent aussi se questionner sur “l’après”. Comment étendre cette chaîne de solidarité ?

« On ne parle jamais d’eux »

Ce sont les soignants eux-mêmes qui tirent la sonnette d’alarme, alpaguant le collectif : « N’oubliez pas les gens qui travaillent dans l’ombre des soignants et qui rendent notre travail possible : agents hospitaliers, préparateurs en pharmacie, comme les ouvriers, ceux qui travaillent en chambre mortuaire ou encore à la sécurité. On ne parle jamais d’eux et du coup ils ne reçoivent rien!. »

Un constat qui s’étend à nombre de catégories de personnes vulnérables et invisibilisées sur lequel le collectif va devoir se pencher !

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