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“Syrien n’est fait”, un festival engagé en ligne pour maintenir le débat

Depuis quatre ans, le festival “Syrien n’est fait” convie artistes et intellectuels à Paris pour mettre en lumière la foisonnante scène contemporaine syrienne. Avec la même ambition jamais démentie depuis sa création de casser les représentations et éventuels poncifs sur ce pays, le festival se tient pour la première fois entièrement en ligne, crise sanitaire oblige. Du 9 au 11 décembre, les internautes auront ainsi l’opportunité d’assister à des concerts, des performances de danse, des expositions photographiques ou encore des conférences.

La rédaction / Photos : DR Syrien n’est fait


« Il était important d’être présent pour montrer que l’on ne baisse pas les bras ! Alors que la Syrie est de moins en moins sous le feu des médias, que beaucoup de syrien.ne.s semblent être oublié.e.s à leur sort, que les associations syriennes s’essoufflent, Syrien n’est fait continue à mettre en avant l’engagement des syrien.ne.s. », explique Emeline Hardy, co-coordinatrice du festival.

Le défi de la rencontre… en ligne

Depuis 2016, le festival d’art engagé “Syrien n’est fait” mise sur la culture et la rencontre pour chambouler nos représentations et nos imaginaires sur la Syrie.

Durant plusieurs jours se succèdent ainsi des projections de films, des expositions photographiques ou encore des concerts. L’équipe organisatrice de l’évènement a gardé les mêmes recettes pour cette version 2020 du festival, qui se tiendra exclusivement en ligne, entre le 9 et le 11 décembre.

Le tout-virtuel a nécessairement constitué un défi, pour « ce festival qui se veut avant tout être un espace d’échanges et de partages entre artistes syrien.ne.s et public français, mais aussi entre Syrien.ne.s et Français.e.s », insiste Emeline Hardy.

“Ghazal en pleine création”, une exposition photographique et sonore à retrouver de façon permanente sur le site de “Syrien n’est fait”.

Concerts fiévreux et danses introspectives…

La programmation, ambitieuse, propose notamment deux expositions photographiques, qui ont, elles, vocation à demeurer de façon permanente sur le site de “Syrien n’est fait”. La première se concentre sur le street-art comme levier de contestation et de rébellion, comme miroir aussi de la révolution. La seconde “Ghazal en pleine création”, présente notamment des capsules audio de témoignages de femmes syriennes, lus par des comédiennes et comédiens de la Compagnie Jours dansants.

Outre ces expositions, le festival sera aussi l’occasion de profiter de concerts fiévreux, tout en restant sur son canapé. Citons ainsi Last Postman, un groupe syrien d’indie musique fondé il y a cinq ans à Istanbul, et basé désormais à Berlin, en Allemagne.

“Puzzles Make Them Unforgettable”, un morceau du groupe The Last Postman, composé de Muhammad Bazz, Louay Kanawati, Bahila Hijazi, Hekmat Alkassar et Mohamad Mousalli.

Comme concert très attendu, citons encore celui d’Osloob et Abo Gabi, deux grands habitués de “Syrien n’est fait”. Le premier est un rappeur palestinien, le second est un chanteur syro-palestinien. Leur musique est un mélange d’électronique, de mawwal, de tafrid soufi et de rap.

… ponctuées par des conférences pour continuer à alerter

Au programme également : de la danse. Notamment avec le collectif Nafass qui propose une performance inspirée du confinement que nous avons tous expérimentés durant ces (longs) derniers mois. Pour le collectif, l’isolement constitue aussi une opportunité de «redonner forme à nos idées créatives et de transcender l’incertain».

Le festival propose, en outre, trois conférences en ligne. L’une d’elles, “Justice et responsabilités”, organisée ce 11 décembre propose ainsi de faire le point sur les compétences juridictionnelles de la France ou de la Cour européenne, alors que se tient actuellement en Allemagne le procès de Coblence, soit le premier procès au monde pour des exactions ayant eu lieu pendant le conflit syrien.

Nidal Abdo lors de sa performance In Motion.

En ligne ou non, “Syrien n’est fait” entend bien continuer la lutte, le combat politique . « Comme un écho à la manière dont le peuple syrien s’est emparé des moyens de communication actuels pour maintenir le débat, la communication et la circulation des idées en temps de guerre. Il fait écho à la résilience du peuple syrien face aux épreuves, face à la répression, face à la guerre », conclut Emeline Hardy.