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«Syrie, témoigner à tout prix», l’exposition à voir

Photographe syrien, Firas Abdullah expose en ce moment à Paris ses photos de la Ghouta Orientale, région qui s’est levée en nombre contre le régime d’al-Assad dès 2011. Arrivé en France l’an passé, il oeuvre pour que l’attention internationale reste mobilisée sur la Syrie. Guiti News l’a rencontré lors du vernissage de son exposition, le 6 février dernier.

De Laure Playoust


Firas Abdullah a 26 ans. Il est arrivé en France il y a tout juste un an. Lorsque la révolution syrienne démarre en 2011, Firas est encore au lycée. Pas de baccalauréat pour lui cette année-là : il passe ses journées à manifester dans les rues de Douma et à tout filmer. 

Cette ville de la Ghouta orientale se lève en nombre contre le régime de Bachar al-Assad dès 2011.. Les manifestations sont alors réprimées dans le sang. En août 2013, 1.300 personnes sont assassinées dans une attaque au gaz sarin. Dès lors, c’est quotidiennement que Bachar al-Assad et ses alliés bombardent la région, poussant les civils à partir définitivement en avril 2018, pour gagner la ville d’Idlib au nord de la Syrie.. 

Parcours d’un autodidacte

L’année suivante, en 2012, bac en poche, Firas s’inscrit à l’université de Damas pour devenir ingénieur en électronique. Les conditions sont extrêmement compliquées pour suivre des études. Alors qu’il sort de Damas, il se fait contrôler par la police. Un soldat du régime remarque sur sa carte d’identité qu’il est originaire de Douma et le prévient : « la prochaine fois que tu passes ce barrage, je t’arrête et tu rejoins l’armée ». Il ne le franchira donc plus.

Dernier séjour à Damas, fin des études. Le 5 mars 2013 marque son retour à Douma, dont il ne sortira que le 1er avril 2018. Il continue à participer à toutes les manifestations, afin de filmer les exactions du régime avec son vieux téléphone Nokia. Très vite, il décide d’économiser pour s’acheter un vrai appareil photo et se forme à la technique photographique sur internet. Il emprunte des appareils à des amis en attendant, s’entraîne, progresse, jusqu’à pouvoir se payer son premier Nikon en 2015.

Maintenir la pression médiatique

Dès 2014, Firas prend la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer la situation dramatique que subissent les habitants de la Ghouta orientale. Comme il est l’un des rares à s’exprimer en anglais, il est vite repéré par la presse internationale, qui suit avec attention ses publications. Il commence alors par travailler pour Middle East Monitor en 2015, puis Deutsche Welle, the Guardian, BBC World News et bien d’autres. « Les choses vont vite, tellement vite, que je publie quasiment en direct et ce sont les médias qui prennent contact avec moi ».

Quid de sa manière de travailler ? « Je sais qu’il y a toujours deux frappes aériennes qui se suivent. Donc, je me cache pendant la première, entre les deux je sais que j’ai un moment sûr pour aller photographier ce qui s’est passé. Puis, je rentre vite me protéger et publier les images ». En 2017, avec des amis, il créé le Ghouta Media Center qui regroupe des activistes indépendants. L’idée ? Collecter un maximum d’images et d’informations sur tous les villages de la Ghouta orientale. Il s’agit de l’un des principaux groupes de média activistes indépendants du pouvoir de Damas et des groupes armés.

A partir de 2016, son travail est exposé en Italie, en Allemagne et en Australie. Des amis en France lui proposent également de l’aider et de l’accueillir chez eux à Paris, raison pour laquelle il choisit l’Hexagone comme terre d’asile. Il apprend le français tout seul, sur internet et suit depuis janvier 2020 les cours de l’ESJ Paris. Car, s’il connaît extrêmement bien le terrain, il explique vouloir acquérir les bases académiques du métier, afin de pouvoir exercer dans un média français. Désormais, depuis la France, l’objectif de Firas est bien de continuer à maintenir l’attention internationale sur la situation en Syrie.

Le travail de Firas est exposé jusqu’au 20 février 2020 à la mairie parisienne du 2ème arrondissement

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