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Grand froid : A Paris, l’urgence quotidienne de loger les personnes à la rue

Depuis 2017, l’association Utopia 56, qui vient en aide aux personnes exilées, reloge, chaque nuit, des individus à la rue. L’organisation mène une opération coup-de-poing depuis ce mercredi 10 février sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, afin d’alerter les services publics.

Un article de Rachel Notteau / Photos : Federico Iwakawa.


La nuit tombe et le froid glacial s’éternise. La cloche du bâtiment municipal retentit. Il est 18 heures. Les habitants désertent peu à peu le parvis de l’Hôtel de Ville.

Le but ? Que les élus « s’aperçoivent qu’il y a du monde à la rue »

Mais certains restent. Il s’agit de membres de l’association Utopia 56, qui se rejoignent chaque soir afin de trouver un toit pour la nuit aux personnes exilées et à la rue. D’habitude, le point de rendez-vous est fixé à la Porte d’Aubervilliers, dans le 19e arrondissement parisien.

Désormais, l’Hôtel de Ville constitue le nouveau lieu de rencontre pour que « les élus ouvrent leur fenêtre et s’aperçoivent qu’il y a du monde à la rue qu’ils ne prennent pas en charge », alerte Maël De Marcellus, coordinateur de l’antenne de Paris d’Utopia56.

Alain, mineur ivoirien sans domicile fixe, pose pour un portrait. Utopia 56 se ressemble devant l’hôtel de ville de Paris pour donner rendez-vous aux personnes migrantes sans domicile fixe afin de trouver un hébergement pour passer la nuit.

Combler les carences

Ce 10 février, quelques familles et personnes seules se sont présentées à l’association, dans l’espoir de passer la nuit au chaud.

Malgré le plan Grand Froid instauré par la préfecture d’Ile-de-France depuis le 9 février, des personnes restent à la rue. « Le but n’est pas de se substituer à la prise en charge de l’Etat mais vraiment de combler les carences de la prise en charge », explique Kerill Theurillat, qui coordonne également l’antenne Utopia56 de la capitale.

Une aide bienvenue pour les personnes exilées à la rue. Depuis quelques semaines, Alain et Koné, tous les deux Ivoiriens, sollicitent Utopia56 pour passer la nuit à l’abri. « Quand il n’y a pas d’hôtel, l’association nous donne des tentes et des vêtements », confie Koné, vêtu d’un bonnet rose à paillette.

Chaque soir, la même attente

Au loin, des pleurs d’enfants se mélangent aux voix graves des forces de l’ordre, alertées par la présence du groupe sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Malgré cet incident, des dizaines de personnes ont été relogées grâce au travail des bénévoles. Et l’opération d’Utopia56 a même attiré les services de la mairie qui ont pris en charge une quinzaine de personnes.

« En règle générale ils ne sont pas avec nous le soir donc ça a joué », développe Kerill Theurillat, en soulignant leurs efforts, tout en étant loin d’être satisfait.

Alain et Koné ont donc pu dormir à l’hôtel. Mais le lendemain à 18 heures, il étaient de retour sur le parvis de l’Hôtel de Ville, pour essayer une nouvelle fois de passer la nuit à l’abri.

Konesekou, mineur ivoirien sans domicile fixe, pose pour un portrait. Utopia 56 se ressemble devant l’hôtel de ville de Paris pour donner rendez-vous aux personnes migrantes sans domicile fixe afin de trouver un hébergement pour passer la nuit.