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    « Congo Boy » de Rafiki Fariala

    Dans son premier long métrage de fiction , le réalisateur congolais réfugié en Centrafrique jusqu'à son arrivée en France raconte un pan de l'exil méconnu en Europe. Rencontre avec un cinéaste à suivre.

    Sélectionné dans la prestigieuse catégorie « Un Certain regard », « Congo Boy » est l’histoire autobiographique du réalisateur Fariala, né au Sud Kivu et réfugié en Centrafrique en 1997 avec sa famille dès l’âge de trois mois. Repéré dans un concours de musique à Bangui, il devient un artiste fédérateur appelé RH20 après avoir grandi dans le secret identitaire, de peur des représailles et discriminations à l’égard des réfugiés. C’est rapidement que Fariala étend sa créativité au septième art en participant à un atelier d’écriture de films documentaires dans la capitale centrafricaine, alors à peine âgé de 20 ans. D’emblée, le réalisateur, qui n’est pas retourné en RDC depuis le départ de sa famille, écume les festivals internationaux.

    C’est avec « Nous étudiants ! » en 2022, à l’âge de 25 ans, que Fariala fait date avec son premier long métrage documentaire à la prestigieuse Berlinale (festival international du film de Berlin) en étant le premier film centrafricain à y être diffusé.

    Bande annonce « Congo Boy » de Rafiki Fariala

    Coup de projecteur sur une réalité méconnue

    D’aucun feraient bien d’avoir l’impression que la migration venue d’Afrique chercherait à tout prix à rejoindre l’Europe. Une couverture médiatique partielle et mésinformante aidant, ce phénomène s’est incrusté dans la psychée collective européenne depuis les années 2015. Avec « Congo Boy », c’est une réalité toute autre que l’on découvre, et c’est d’ailleurs l’une des premières choses que le réalisateur ait pris soin de mentionner lors de la première cannoise :

    « Il existe des africains qui fuient leur pays pour rejoindre l’Europe, mais il existe aussi des africains qui partent de chez eux pour rejoindre un autre pays africain, et c’est mon cas »

    Rafiki Fariala

    En effet, seulement 4% des personnes réfugiées provenant d’Afrique finissent en Europe, avec plus de 50% des mouvements demeurant à l’intérieur même des pays en questions.

    Rafiki Fariala – Discours d’ouverture de « Congo Boy » au 79ème festival de Cannes

    « Congo Boy » aborde des sujets également peu traités, comme les discriminations intracontinentales, parfois tribales ou encore les arrestations arbitraires. Mais en toile de fond, les réelles raisons de l’exil: des contextes géopolitiques houleux dans une ère post-coloniale insécure pour des milliers de citoyens de pays africains. Ajoutée à l’insécurité, une économie fragilisée voire freinée par un désir d’appropriation de ressources naturelles par de (trop) nombreux groupes politiques, milices et intérêts étrangers. A qui souhaite découvrir une réelle cartographie de la vie d’un réfugié africain, alors « Congo Boy » sera un excellent début.

    Retrouvez Rafiki Fariala sur notre chaine Youtube dans l’interview du festival de Cannes.

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