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    Manifestation du 24 octobre : le blocus improvisé de militant·e·s au péage d’Orléans

    Au moins 200 militant·e·s venu·e·s manifester contre la tenue du congrès du Rassemblement national ont été bloqué·e·s au péage d’Orléans le 24 octobre 2026. Parmi elles·eux, plusieurs sans-papiers ont risqué d’être embarqué·e·s au commissariat malgré une autorisation de manifester.

    Le blocus au péage d'Orléans, le samedi 24 octobre 2026. | Photo : Coordination des Sans Papiers 75

    Le samedi 24 octobre 2026, à Orléans (Loiret), le Rassemblement national organisait son 19e congrès annuel et lançait sa campagne présidentielle. C’est dans ce contexte que trois des cinq cars affrétés par le collectif de la Marche des solidarités ont été bloqués au péage de la ville, empêchant environ 200 personnes de rejoindre la mobilisation et le village antifasciste organisé pour l’occasion, malgré l’autorisation des préfectures de Paris et du Loiret de rejoindre le rassemblement à Orléans.

    Au péage d’Orléans, les associations et collectifs présents dans les bus ont été immobilisés toute la journée. Une situation qui « n’était pas normale » selon Mariama Sidibé, originaire du Sénégal et membre active de la Coordination des Sans Papiers 75 (CSP), qui s’était jointe à la Marche des solidarités. Selon elle, « quatre camions des forces de l’ordre ont rejoint le péage pour renforcer le blocage du passage ». Également présent avec la CSP 75, Diallo Koundenecoun, originaire du Mali, raconte que les personnes sans-papiers ont davantage été prises à partie par les forces de l’ordre sur place : « L’ambiance n’était pas tendue, mais les gendarmes ont quand même essayé de contrôler nos identités ». 

    « C’était soit tout le monde, soit personne »

    La plupart des personnes présentes n’ayant pas de papiers, Mariama raconte : « Ils nous ont demandé si on n’avait pas un pass Navigo ou une aide médicale de l’État (AME) pour qu’ils vérifient nos noms. » Selon le témoignage d’un manifestant dans un article de L’Humanité, les forces de l’ordre « ont voulu trier les manifestants et embarquer les sans-papiers ». Des propos que Diallo confirme : « Quand on a compris qu’ils voulaient emmener certain·e·s d’entre nous au commissariat, on ne leur a pas laissé le choix : c’était soit tout le monde, soit personne. »     

    Alors ils et elles sont resté·e·s et ont bloqué le péage tout entier : « Les sans-papiers n’ont pas eu peur et nous avons manifesté au péage avec les autres militant·e·s, raconte Diallo, c’était quand même quelque chose ! » Mariama, elle, est même satisfaite : « Pour moi, on a gagné. Nous étions au moins 200 avec les pancartes que nous avions préparées. » Même si les militant·e·s n’ont pas pu se rendre à Orléans, leur action improvisée au péage pendant plusieurs heures n’est pas restée sans bruit. « Le rassemblement était préparé depuis des mois. C’est frustrant, mais nous avons quand même pu dénoncer les propos du Rassemblement national depuis ce blocus près d’Orléans. » Ce n’est qu’en fin d’après-midi, une fois la manifestation à Orléans terminée, que les forces de l’ordre ont laissé tous·tes les militant·e·s rentrer à Paris. 

    L’immigration diabolisée par le Rassemblement national

    Si ce samedi 24 octobre, la CSP 75 a été empêchée de rejoindre le rassemblement officiel, elle continuera tout de même à se mobiliser : « Je ne vois pas ce qui va nous empêcher de manifester », s’exclame Mariama, ce à quoi Diallo ajoute : « On est plus motivés qu’hier. » Pour les deux membres de la coordination, « les propos du Rassemblement national ne font que taper sur l’immigration, alors que les sans-papiers sont la richesse de ce pays. » 

    En 2025, selon l’INSEE, l’immigration en France ne représentait qu’un peu plus de 11 % des habitants du pays. Pourtant, ce dixième suffit encore à l’extrême droite pour véhiculer des discours haineux et conduire à la violence, comme récemment avec l’attentat raciste de Trappes qui a entraîné la mort de Pengo Bossio Wang, jeune Français de 26 ans, et a blessé sept autres personnes. Un acte qui, comme le prouve le matériel militant retrouvé au domicile de l’assaillant, a été motivé par la pensée de l’extrême droite.

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