Journée Mondiale des soins palliatifs: : au delà de l’aide à mourir, accompagner la vie
À l’occasion de la Journée mondiale des soins palliatifs , en France plusieurs activités ont été organisées dans plusieurs villes . Au CHU de Tours, jeudi 8 octobre, une journée d’information pour mieux faire connaître ces soins souvent associés, à tort, aux derniers jours de vie. Les professionnels insistent sur leur rôle dans l’accompagnement des patients atteints de maladies graves et incurables.
Les soins palliatifs ne signifient pas nécessairement une mort imminente. C’est le message que le CHRU de Tours a souhaité faire passer au public lors d’une journée d’information organisée le 8 octobre 2026, sur le site de l’hôpital Bretonneau. De 9 h 30 à 16 h 30, les visiteurs ont pu échanger avec des professionnels de santé et découvrir les différentes formes d’accompagnement proposées aux patients et à leurs proches. Cette journée vient dans un contexte où la loi sur la fin de vie a été promulguée en attente de son decret d’application.
Si la loi sur la fin de vie concerne de façon particulière certains secteurs de la santé, les professionnels des soins palliatifs en font partie. L’inquiétude se desssine sur les visages quant à la dévolution ou non de leur mission en lien avec cette nouvelle loi. Pour certains agents que nous avons rencontrés, il est prematuré d’évoquer ce sujet sans en connaitre le decret d’application. Une des agent.es restée dans l’anonymat nous confie son inquiétude: « J’espère que que nous ne serons pas celles et ceux à la solde de cette action. Il y a d’autres agents qui je l’espère pourront le faire ».
La loi sur la fin de vie dans un contexte de tensions sociopolitiques
On se rappelle qu’avant son vote, cette loi a ete vivement contestée par l’Église catholique de France. A ce sujet, l’évêque de Tours ne cache pas son indignation. « Il est vrai que la loi a été votée mais elle ne va pas s’appliquer dans les secteurs privés de santé. Nous sommes opposés à cette loi. » En attendant le décret d’application, Monseigneur Vincent Jordy souligne que l’Église catholique est aussi entrain d’élaborer un référentiel, lequel viserait selon lui « à rappeler les principes, c’est-à-dire que nous sommes évidemment contre cette loi, contre son principe ».

« On associe souvent les soins palliatifs à la fin de vie imminente », constate Claire, infirmière au sein de l’équipe mobile de soins palliatifs du CHRU de Tours. Pourtant, ces soins peuvent intervenir dès le diagnostic d’une maladie grave dont les traitements ne permettent pas la guérison. Ils peuvent accompagner les patients sur une période parfois longue, jusqu’à la fin de leur vie.
Soulager la douleur et améliorer la qualité de vie
L’objectif des soins palliatifs est d’améliorer la qualité de vie des personnes malades. La prise en charge ne concerne pas uniquement la douleur physique. Elle peut aussi porter sur l’anxiété, la dépression, les difficultés sociales et les préoccupations spirituelles. L’accompagnement s’adresse également aux proches, qui peuvent éprouver des difficultés face à la maladie.
Un médecin de l’équipe explique que la médecine palliative concerne aussi bien les cancers que certaines maladies chroniques, respiratoires ou neurodégénératives. « Notre objectif, c’est de faire en sorte d’améliorer sa qualité de vie », souligne-t-il. Selon les besoins, l’intervention peut commencer tôt dans le parcours de soins, sans attendre la phase terminale.
Cette prise en charge repose sur une équipe pluridisciplinaire. Médecins, infirmiers, psychologues et assistants sociaux apportent chacun leur regard sur la situation du patient. Les professionnels peuvent également conseiller les équipes soignantes et contribuer à la réflexion éthique lorsque certaines décisions sont difficiles.
L’écoute, au cœur de l’accompagnement
Au-delà des traitements, l’accompagnement repose sur la relation humaine. Auriane Royer, art-thérapeute, rappelle que les activités créatives peuvent permettre aux patients d’exprimer des émotions ou des préoccupations qu’ils ont parfois du mal à verbaliser. Les soins de confort, comme ceux proposés par la socio-esthétique, une pratique de soin qui utilise les soins esthétiques pour améliorer le bien-étre physique et psychologique des personnes gravement malades ou en fin de vie . Cette forme de soin apporte selon elle un confort physique et crée un moment d’écoute et de relation.
La psychologue Élise Riffault souligne, elle aussi, l’importance de l’accompagnement psychologique. L’annonce d’une maladie incurable peut susciter des interrogations, de l’angoisse et un sentiment d’impuissance, aussi bien chez le patient que chez ses proches. Le soutien peut également concerner les enfants et les autres membres de la famille.
La dimension spirituelle a également sa place dans cet accompagnement. Elle ne se limite pas à la religion, mais englobe les questions de sens, les convictions et les valeurs de chacun. Lorsqu’un patient le souhaite, il peut être mis en relation avec un représentant de son culte.

Une prise en charge qui évolue
L’équipe mobile de soins palliatifs d’Indre-et-Loire, rattachée au CHRU de Tours, intervient à l’hôpital, en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et à domicile. Selon les données présentées par le CHRU, en 2025, l’équipe a accompagné 1 092 patients, dont 654 à l’hôpital et 438 sur leur lieu de vie, parmi lesquels 68 en Ehpad. Des chiffres qui montrent un besoin grandissant d’accompagnement de la part des patients comparé aux annéees précédentes.
La journée intervient dans un contexte d’évolution législative sur la fin de vie. Les professionnels restent toutefois prudents quant aux conséquences des nouvelles dispositions sur leurs pratiques. Pour l’infirmière Claire, l’écoute, la concertation entre soignants et la réflexion collective doivent demeurer essentielles.
À travers cette journée, le CHRU de Tours entend donc rappeler que les soins palliatifs ne consistent pas seulement à accompagner la mort. Ils visent aussi à préserver le confort, la dignité et la qualité de vie, aussi longtemps que possible, en tenant compte des besoins et des choix de chaque personne.
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