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    Les cinq actualités de la semaine

    Un rapport sur la condition de vie des exilés à Paris, une réforme de l'espace Schengen, des violences contre une association à Mayotte, l'ancienne ministre de l'immigration danoise condamnée, la journée internationale des personnes migrantes et deux nouveaux décès en Calaisie. Retour sur l’actualité migratoire de la semaine.

    La rédaction. Illustration: Oriane Sebillotte pour Guiti News.

    « Les oubliés du droit d’asile » : un rapport « alarmant » sur les conditions de vie des personnes exilées à Paris

    « Face à la dégradation de la situation des personnes exilées à Paris », huit associations ont sorti cette semaine un rapport sur leurs conditions de vie dans la capitale. Parmi elles : le Secours Catholique, Watizat, Emmaüs ou encore Action contre la Faim. Ce rapport est le fruit d’une enquête réalisée au sein de cinq structures d’accueil parisiennes au mois de juin dernier.


    Des chiffres « alarmants » sont pointés par les associations. Parmi les hommes isolés interrogés, 96% affirment avoir déjà dormi à la rue ou dans un squat. Ils seraient plus de la moitié à n’avoir toujours pas de solutions d’hébergement (53%) et à souffrir de la faim (54%). Toutes ces personnes sont en demande d’asile.

    D’autres constats sont dressés sur le mode de vie des personnes. Ainsi, quelque 65% n’ont pas accès à internet et 24% ne possèdent pas de téléphone portable à leur arrivée en France.

    Une intégration qui se complique encore avec la barrière de la langue : 82% d’entre eux déclarent ne pas parler français. Un « besoin » impérieux pour 58% des personnes interrogées qui aimeraient pouvoir suivre des cours.

    Cette précarité pointée par les associations s’inscrit dans la durée, elle perdure même après l’obtention du statut de réfugié. Ce qui est le cas de 20% des personnes interrogées. Elles sont 47% à avoir obtenu la protection depuis plus d’un an, et environ un tiers d’entre elles vivent encore à la rue ou dans un squat (32%) ou n’ont aucune ressource (32%).

    L’association Watizat fustige un « sous-dimensionnement de l’offre d’hébergement des personnes exilées ». Alors que la région Île-de-France est la « plus sollicitée par les procédures de demande d’asile ».

    Une réforme pour « renforcer » l’espace Schengen proposée par Bruxelles

    Emmanuel Macron l’a annoncé lors de sa dernière conférence de presse. Une refonte de l’espace Schengen constitue l’un des dossiers prioritaires qu’il portera pendant la présidence française de l’Union Européenne lors du premier semestre 2022.

    Le 14 décembre, la Commission européenne a, quant à elle, présenté son projet de réforme de l’espace de libre circulation. Avec pour fer de lance, une limitation des contrôles aux frontières intérieures pour préserver le marché unique. La réforme devra aussi permettre à un État membre d’appréhender une personne en exil en situation irrégulière dans une zone frontalière pour la transférer vers l’État voisin par lequel elle est arrivée, au lieu de devoir la renvoyer vers son pays d’origine.

    « Comme tous les succès, Schengen doit être renforcé pour faire face aux nombreux défis », a déclaré le vice-président grec Margaritis Schinas, à la Commission.

    La proposition a aussi pour ambition la mise en place de « procédures d’asile exceptionnelles » en prolongeant les délais d’enregistrement des demandes. Le but affiché serait d’empêcher « l’instrumentalisation » des exilés par un pays tiers. Récemment, la Biélorussie a été accusée d’organiser l’arrivée de personnes migrantes sur son territoire, lesquelles tenteraient d’entrer dans l’UE.

    Des « violences » à l’encontre de l’équipe de la Cimade à Mayotte

    Le 16 décembre, la Cimade a dénoncé des « violences inacceptables » à l’encontre de son équipe sur place.

    Des militants d’un collectif de citoyens de Mayotte auraient manifesté devant le local de l’association et « tenté violemment de s’y introduire (…) sous une pluie d’insultes et de cris permanents », peut-on lire dans un communiqué de presse. Ensuite, elles seraient restées devant le local pour déclarer « attendre le retour des équipes de la Cimade, perpétuant ainsi leur menace à notre encontre », insiste l’association. 

    Depuis plusieurs semaines, l’association d’aide aux personnes exilées lutte pour le droit à un « logement digne » pour les habitants des quartiers de la Pompa et Petite Terre. Ces derniers étaient « concerné∙e∙s par un arrêté d’expulsion pris par le préfet le 22 octobre 2021 dans le cadre de la Loi Elan (Loi portant sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) ».

    Quand les manifestations commencent, lundi 13 décembre, l’équipe de la Cimade se trouve au tribunal. Appuyant le recours de certains habitants de ces quartiers « contre un arrêté portant démolition des habitations, sans solution de relogement », fustige l’association.

    Ce 16 décembre, la Cimade a décidé de porter plainte pour la deuxième fois au Procureur de la République. Le même jour, Marine Le Pen est arrivée sur le sol de la collectivité, réclamant une « très grande fermeté » contre l’immigration. La candidate à la présidentielle (RN) a aussi jugé l’insécurité « terrifiante » sur cette île de l’Océan indien, devenue en 2011 le 101ème département français.

    L’ancienne ministre de l’Immigration danoise condamnée à de la prison ferme

    Elle a incarné le durcissement de la politique migratoire du Danemark.

    Inger Stojberg, ministre de l’Immigration entre 2015 et 2019, a été condamnée, lundi 13 décembre, par la Cour spéciale de justice du pays à soixante jours de prison ferme. Reconnue coupable d’avoir illégalement fait séparer, en 2016, des couples de demandeurs d’asile, dont la femme était mineure.

    « Ce sont les valeurs danoises qui ont perdu aujourd’hui », a-t-elle réagi, une fois le verdict tombé.

    Sa principale bataille en tant que ministre était d’essayer de dissuader les exilés à demander l’asile au Danemark. En 2015, elle avait, par exemple, fait voter un amendement, autorisant les forces de l’ordre à saisir l’argent et les bijoux des demandeurs d’asile excédant une valeur de 10 000 couronnes (1 345 €), à leur entrée sur le territoire.

    La journée internationale des personnes migrantes : « mettre à profit le potentiel de la mobilité humaine »

    Ce 18 décembre a eu lieu la journée internationale des migrants. Partout en France, des évènements ont été organisés : conférences, expositions, diffusions de films…

    Proclamée en 2000 par les Nations Unies, le thème de cette journée entendait cette année « mettre à profit le potentiel de la mobilité humaine ».

    « Par leurs connaissances, leurs réseaux et leurs compétences, les migrants contribuent à des communautés plus solides et plus résilientes », note l’ONU dans la présentation de la journée sur son site internet.

    En 2020, les personnes migrantes représentaient 3,6% de la population mondiale. L’organisation en a profité pour appeler à la vigilance de la protection des droits de l’homme fondamentaux.

    Le 18 décembre, Guiti News a couvert en direct sur Instagram plusieurs conférences et expositions dans Paris.

    Deux personnes sont mortes en tentant de traverser la frontière avec le Royaume-Uni

    De nouveaux drames viennent endeuiller la région calaisienne (62), moins d’un mois seulement après le naufrage qui a causé le décès d’au moins 27 personnes. À la frontière franco-britannique, deux nouvelles personnes exilées ont trouvé la mort.

    Lundi 20 décembre, un jeune homme de 16 ans originaire du Soudan est décédé des suites d’un accident avec un poids lourd sur une zone d’activité, près de Calais.

    Au petit matin, Il tente de monter sur le camion, se faufilant entre la cabine et la remorque, avant de tomber au moment du démarrage du moteur. Quand les secours arrivent, le jeune homme est conscient, mais succombe à ses blessures en arrivant à l’hôpital.

    Deux jours plus tôt, un cadavre a été retrouvé sur une plage de Marck, près de Calais. La victime n’a pu être identifiée, « l’état du corps ne le permet pas », a déclaré le procureur de Boulogne-Sur-Mer à l’AFP.

    Selon les autorités, il s’agirait du trentième décès en mer depuis le début de l’année. Quatre autres personnes sont portées disparues.

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