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Coronavirus : la mortalité deux fois plus élevée chez les immigrés

Entre mars et avril, le nouveau coronavirus a fait augmenter le taux de mortalité de 48% chez les personnes nées à l’étranger, contre 22% chez celles nées en France, selon une étude de l’Insee.

La rédaction


Les immigrés, premières victimes du Covid-19. C’est ce que révèle l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une étude publiée le 7 juillet. La mortalité causée par le virus a atteint deux fois plus les personnes nées à l’étranger, et en particulier celles qui viennent de pays hors d’Europe.

Ainsi, chez les immigrés venus du Maghreb, le nombre de décès a crû de 54%. Les chiffres sont d’autant plus impressionnants concernant les exilés originaires d’Asie ou d’Afrique noire. Le taux de mortalité s’est envolé à 91% pour les premiers et à 114% pour les seconds.

Les conditions de vie en cause

Comment expliquer ces chiffres ? Selon l’Insee, l’une des raisons est le fait que les populations immigrées d’Asie ou d’Afrique résident « plus souvent en Île-de-France, région de loin la plus fortement touchée par le Covid-19 ». En effet, la moitié des personnes nées en Afrique noire qui habitent en France se trouve en région parisienne. Un tiers, chez ceux venus du Maghreb.

Vient ensuite la question du logement. Les chiffres de l’Institut montrent que les immigrés occupent des logements plus exigus que la moyenne. Exemple : il faut compter une personne pour 1,3 pièce pour un individu né en Asie ou en Afrique contre 1,8 pour quelqu’un né en France. Vivre à plusieurs dans un petit espace complique les règles de distanciation physique recommandées par le gouvernement.

Vient s”ajouter à cela, la nécessité de travailler, de se déplacer, pendant le confinement. Parmi les soignants, livreurs, caissiers et les autres employés qui faisaient tourner le pays, 14 à 15% d’entre eux sont nés en Afrique, 12% en Asie. D’autres facteurs sont également à prendre en compte comme la densité de population qui favorise la circulation du virus par voie aérienne.

Surmortalité chez les jeunes immigrés

Plus inquiétant, dans son étude, l’Insee constate que « parmi les personnes nées à l’étranger hors Europe, le nombre de décès de personnes de moins de 65 ans a fortement augmenté ». Les statisticiens ont relevé une augmentation de 30% chez les immigrés venus du Maghreb et de 96% chez ceux d’Afrique noire. En comparaison, le taux de mortalité chez les populations jeunes n’a crû que de 3% pour les personnes nées sur le sol français.  

Les raisons citées ci-dessus ne sont pas les seules à avoir engendré une surmortalité chez les immigrés. L’Insee a indiqué ne pas avoir inclus l’accès aux soins ou l’état de santé des personnes comme facteurs dans son étude.

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