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Au Qatar, la difficile enquête sur les morts des ouvriers du Mondial 2022

Selon les révélations du quotidien britannique The Guardian, plus de 2 700 ouvriers travaillant sur les chantiers qataris de la Coupe du Monde de football de 2022 ont trouvé la mort depuis 2012. Un chiffre affligeant, qui met en lumière un autre problème : la difficulté d’enquêter sur ces décès, la plupart du temps attribués à des causes naturelles.

La Rédaction


2 700. C’est le nombre de travailleurs, principalement indiens et népalais, morts au Qatar sur les chantiers du Mondial 2022. Leurs conditions de travail sont mises en cause : des journées de 10 heures, sans pause, des températures extrêmes avoisinant les 45 degrés…Ces ouvriers souffrent d’un stress thermique tel que leur corps ne le supporte pas. 

Impossible de déterminer les causes réelles des décès

Arrêt cardiaque, défaillance du système cardiovasculaire, insuffisance respiratoire. Ces travailleurs seraient tous morts de “cause naturelle” selon les documents officiels. De quoi compliquer sérieusement tout travail d’enquête sur ces décès. La plupart des jeunes ouvriers, en parfaite santé, meurent subitement dans leur sommeil. Dans une interview accordée au Guardian, Kausik Ray, professeur de santé publique à l’Imperial College de Londres, a estimé que « les personnes entre 20 et 50 ans ne meurent généralement pas brutalement dans leur sommeil… On ne peut pas dire qu’elles sont mortes d’une insuffisance cardiaque ou respiratoire sans autopsie, à moins d’avoir des informations sur leurs antécédents médicaux »

Le professeur met ici le doigt sur le cœur du problème. Au Qatar, aucune autopsie n’est réalisée s’il n’y a pas de signe évident d’un crime ou si la personne ne présentait pas de maladie connue avant sa mort. S’ajoute à cela la nécessité d’obtenir l’accord des proches pour pratiquer des autopsies. Beaucoup de famille préfèrent faire l’impasse dessus. Elles souhaitent récupérer le corps du défunt le plus vite possible, afin de pouvoir l’inhumer. Dans certains cas, l’examen médico-légal n’est même pas proposé. Affaire classée. 

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