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Évacuation des campements : la requête des journalistes déboutée par le Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a tranché : les périmètres de sécurité déployés lors des évacuations de personnes exilées ne constituent pas une entrave à la liberté de la presse.

Rachel Notteau / Photo : Firas Abdullah.


« Le Conseil d’Etat a justifié et légitimité l’absence d’yeux, l’absence de témoin », a commenté ce 3 février avec amertume le photoreporter Louis Witter sur Twitter. Lui qui, aux côtés d’autres journalistes, avait saisi la juridiction administrative la plus élevée afin de faire respecter les droits des journalistes. Pour informer librement les citoyens.

Fin décembre, le photoreporter et son confrère Simon Hamy avaient été empêchés à cinq reprises de couvrir les évacuations de personnes exilées à Calais et Grande-Synthe. Ils avaient saisi le tribunal administratif de Lille pour enjoindre les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais à laisser les journalistes travailler sereinement sur le terrain. En vain.

Alors, le 27 janvier, ces derniers se retrouvent au Conseil d’Etat, face au ministère de l’Intérieur. Beauvau justifiant l’éloignement des journalistes afin que «la dignité des personnes » soit respectée.

Soit de ne pas faire d’images de leur domicile. Des tentes donc. Justement, le photoreporter a immortalisé une image fin décembre 2020, d’une tente lacérée, par un agent des forces de l’ordre. « Cela fait des années que les associations disent que les tentes sont lacérées et personne ne les croit sans preuve visuelle », se désole Louis Witter.

Les photographies apparaissent ainsi comme une preuve visuelle tangible, permettant de témoigner, de « voir ce qui se passe » lors des évacuations, martèle le reporter.

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