Marseille : un professeur mis à pied pour avoir exercé son droit de retrait

Prendre la défense d’un de vos élèves peut menacer votre emploi. C’est ce qui arrive aujourd’hui à Mathieu Do Duc, professeur d’anglais, qui a refusé de faire cours le 30 septembre dernier en soutien à Aboubacar, un de ses élèves sans-papiers placé en centre de rétention depuis une dizaine de jours.

La Rédaction


« Trouble à l’ordre public ». C’est pour cette raison que Mathieu Do Duc, enseignant depuis 30 ans au lycée professionnel Brochier à Marseille, a été mis à pied par sa proviseure. Il avait refusé de faire cours le 30 septembre, en soutien à l’un de ses élèves sans-papiers menacé d’expulsion. Il explique avoir simplement voulu exercer son droit de retrait face à une situation où « il attendait un soutien de l’institution », a expliqué l’un de ses collègues à La Marseillaise.

En réaction l’ensemble du personnel s’est mobilisé en refusant de faire cours le vendredi matin. De leur côté, les élèves ont rédigé une pétition qui demande le retour de leur enseignant. L’idée est aussi d’affirmer clairement que le professeur n’a jamais tenté de les rallier à sa démarche.

Tension entre le rectorat et les enseignants

Si cette situation indigne et mobilise autant, c’est qu’un autre élève a déjà été expulsé. La situation est donc tendue face à cette nouvelle mesure d’expulsion et à la réaction du rectorat.

Le vendredi 4 octobre, une délégation a été reçue par le rectorat qui explique être « dans une logique d’accompagnement et non pas de sanction du professeur ». Une langue de bois qui fait fortement réagir les professeurs, explique Claire « Nous sommes des adultes. Il doit y avoir un rapport, un rendez-vous avec la hiérarchie et là notre collègue est interdit d’accès ».

 

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