Guiti News

Mieux comprendre la Syrie grâce aux citoyens journalistes

Le vernissage de l'exposition "De la Syrie à l'Europe : regards croisés de citoyens journalistes syriens" a eu lieu le 30 juillet. Crédits: Manon Photopoulos / Syrien N'est Fait

Le vernissage de l'exposition "De la Syrie à l'Europe : regards croisés de citoyens journalistes syriens" a eu lieu le 30 juillet. Crédits: Manon Photopoulos / Syrien N'est Fait


Les curieux étaient venus en nombre dans la galerie Fait & Cause, dans le 4e arrondissement de Paris. Le vernissage de l’exposition servait de coup d’envoi à la nouvelle édition du festival engagé Syrien N’est Fait. « Cette exposition présente l’avenir de la Syrie : ces jeunes qui sont devenus photographes par nécessité, animés par un sentiment de responsabilité« , explique Halla Alabdalla, directrice artistique du festival.

Pour la mémoire de la Syrie

La plupart des exposants ont appris le métier de photojournaliste sur le terrain, à leurs risques et périls. Mais le conflit syrien les a, eux aussi, forcé à quitter leur pays. Zakaria Abdelkafi, a partagé ses clichés pris entre 2011 et 2015. « Je fais ça chaque année« , raconte-t-il. « C’est important de faire connaître l’histoire syrienne« . Aujourd’hui, il continue le métier de photographe en France, pour l’AFP. Les autres participants à l’exposition travaillent également dans des agences de presse prestigieuses, comme Reuters.

Crédits : Manon Photopoulos / Syrien N’est Fait

L’exposition a pour but de montrer la force et la résistance de ces jeunes Syriens. En effet, pour eux, il est primordial de diffuser au plus grand nombre l’histoire de leur pays. Tous souhaitent que le conflit prenne fin. Deux d’entre eux, Nour Kelze et Firas Abdullah, aujourd’hui installés en Allemagne et en Normandie, ont répondu à nos questions :

Guiti News : Pensez-vous que la photo a été votre exutoire pour surmonter les événements traumatisants que vous avez vécu ?

Nour Kelze : Pour moi, prendre des photos ça marche tout le temps. Je fais ça pour documenter les moments que l’on ne doit pas oublier, pour que l’on se rappelle de notre identité et de notre histoire. Maintenant que je suis en Europe, c’est différent. Je photographie pour essayer de comprendre un nouvel endroit et pour immortaliser de beaux souvenirs.

Des photos brutes

Qu’est-ce que vous voudriez que les gens retiennent de vos photos ?

N. K.: Je pense que les gens ne les regardent pas tous de la même manière, et je ne veux pas leur imposer quoi que ce soit. Je pense que la photo a son propre langage. Les gens sont libres de l’interpréter comme ils le veulent. J’ai fait de mon mieux pour montrer les endroits et les événements que l’on voit dans l’exposition.

Firas Abdullah : Je trouve que c’est important que les gens sachent et qu’ils voient ce qu’il s’est passé. Ce n’est pas de la propagande. Il n’y a pas de filtre. C’est un rendu brut de ce que j’ai vu. Comprendre ce qu’il s’est passé nous donne le pouvoir de changer l’avenir. Je pense que c’est mon devoir en tant que photographe. J’ai l’impression que rien n’a bien changé depuis le début du conflit.

« Il faut maintenir la pression »

Pouvez- vous nous en dire plus ?

F.A. : En tant que photographe syrien, il est important de maintenir une pression au niveau médiatique. Il faut que l’on continue de dire ce qu’il s’est passé. Je crois que c’est notre devoir d’écouter ces histoires et d’en parler. C’est une réalité dure et brutale. J’ai été témoin d’événements terribles et je me dois de les partager au reste du monde. Les gens qui souffrent en Syrie sont des humains, au même titre que les Français. Nous devons rapporter leurs destins et leurs luttes.

L’exposition se déroule jusqu’au 14 août, à la Galerie Fait & Cause à Paris. Le festival Syrien N’est Fait s’achève dimanche 4 août.