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« Promis le ciel »: quid de la terre ? L’interview d’Aïssa Maïga et Erige Sehiri

Laetitia Ky et Debora Naney dans "Promis le ciel", sorti le 28 janvier 2026.

Copyright Maneki Films - Henia Production

C’est la chanson du groupe Delgres qui a donné ce titre au second long-métrage d’Erige Sehiri. Pourquoi ? Sans doute parce que les paroles de cette œuvre musicale mettent des mots justes sur des millions de parcours migratoires, dont ceux que l’on découvre dans le film de la réalisatrice franco-tunisienne. 

On m’a promis le ciel, en attendant j’suis sur la terre
On m’a promis le ciel, en attendant j’suis sur la terre

On m’a promis le ciel, en attendant j’suis en enfer

On m’a promis le ciel


Paroles de la chanson « Promis le ciel », issues de l’album éponyme du groupe Delgres

Des parcours humains et féminins

Entièrement filmé en Tunisie, Promis le Ciel nous plonge au cœur d’une résidence sorore offerte par Marie, une pasteure d’origine ivoirienne, campée par la comédienne Aïssa Maïga. À ses côtés, Naney, véritable tourbillon de débrouillardise, venue de Côte d’Ivoire, interprétant son vrai rôle, et Jolie, étudiante issue d’une famille ivoirienne aisée, interprétée par Laetitia Ky.

Ces trois femmes recueillent Kenza, quatre ans, rescapée d’un naufrage en mer Méditerranée. Que faire d’une enfant seule lorsqu’on la trouve et que l’on a tant d’amour à donner ? Comment se frayer un avenir meilleur lorsque sa famille est si loin de nous ? Jusqu’où courber l’échine face aux humiliations d’un système répressif, auquel l’on doit pourtant s’adapter ? Combien d’injustices faut-il accepter jusqu’à l’obtention d’un diplôme, d’un titre de séjour ? 

Ces questions, Erige Sehiri les pose délicatement dans « Promis le Ciel », sans jamais donner de réponses toutes faites, ni donner de leçons sur ce qui est bien ou mal. L’humain dans toute sa perplexité est une machine hautement sensible. Ce qui lui manque pour expliquer la dureté du monde d’en bas se trouverait-il dans l’éther du monde céleste ? 

C’est dans un monde du milieu, au festival de Cannes, où le rêve et l’entente sont encore possibles, que Guiti a rencontré la réalisatrice et son actrice pour aborder des sujets rarement mis en lumière sur la migration, tels que les parcours intra-continentaux, les femmes en migration, la maternité, les amalgames entre les statuts administratifs, et l’humanité, tout simplement. 

Interview d’Erige Sehiri et Aïssa Maïga au 78ème festival de Cannes, pour Guiti News.

« Promis le Ciel » est en salle depuis le 28 janvier 2026.