Guiti News

Vers l’abolition des accords de Dublin ?

Alexandre Châtel


Les incendies qui ont eu lieu à Moria ont réanimé les tensions autour du dispositif de Dublin et accéléré la finalisation du « Pacte pour la migration ». Le mercredi 16 septembre, lors de son premier discours sur l’état de l’Union Européenne (UE), Ursulua von der Leyen a dit vouloir « abolir » les accords de Dublin (dits « Dublin III »).

Le règlement est considéré comme trop laxiste par certains pays du groupe de Visgrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie) et inégalitaire par les pays d’entrée (Grèce, Italie, Malte). Il incombe à ces derniers la responsabilité du traitement des demandes d’asile des personnes migrantes. Des pays où les délais d’examens sont les plus longs, pouvant aller jusqu’à dix-huit mois d’attente. « Dublin » se traduit ainsi par une forte concentration des personnes en Italie, à Malte ou en Grèce où les camps sont saturés et insalubres.

Une procédure portée par une « nouvelle solidarité »

Le constat est clair. C’est le manque de solidarité entre les pays qui est à l’origine de la crise de la gestion migratoire, notamment depuis les événements de 2015. Depuis des années, le débat oscille entre un système de répartition par quotas et un investissement dans les premiers pays d’accueil.

Désormais, la présidente de la Commission appelle donc à un « nouveau mécanisme fort de solidarité » et a évoqué « des structures communes pour l’asile et le retour ». Encore plus loin, la Commission envisage l’instauration d’un « système de gouvernance de la migration » basé sur une harmonisation des régimes nationaux d’asile. Ce projet permettrait une grande collaboration entre les États, un retour des déboutés dans leur pays assuré par l’agence Frontex et augmenterait nettement les chances des migrants d’obtenir l’asile.

Le feu vert des capitales

L’entreprise de Mme von der Leyen dépendra, in fine, des négociations avec les capitales, et notamment de la position de l’Allemagne, actuellement présidente du Conseil. Berlin donnera-t-il son accord ?

La Chancelière Angela Merkel a conscience de l’échéance des prochaines élections législatives et redoute que le retour du débat « migration » profite à l’extrême droite allemande.

Néanmoins, la position de la cheffe de l’exécutif européen reste ferme : « Les images du camp de Moria nous rappellent douloureusement que l’Europe doit agir dans l’unité » et « c’est l’ensemble de l’Europe qui doit faire sa part », insiste-t-elle.